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10.03.2011

Industrie touristique : l'ITB voit le futur en noir

Moins de temps et moins de budget pour les vacances
La grand messe du tourisme mondial bat son plein à Berlin avec plus de 100 000 visiteurs professionnels et plus de 11 000 exposants. Mais l’ITB est également l’occasion de donner des pistes de réfléxion sur l’industrie touristique dans un monde en constante évolution

Les tendances du futur étaient justement le thème d’une des conférences de l‘ITB. Et à entendre les différents intervenants, l’industrie touristique va continuer à connaître un effet de montagnes russes sur la prochaine décennie.

Pour Rohit Talwar du cabinet Fast Future Research, l'économie mondiale n’est pas sortie de la crise. L’endettement plus ou moins importants des différents pays va peser lourd sur les ressources personnelles des citoyens.

« L'Europe va connaître une prochaine décennie de turbulences avec encore quatre ou cinq crises successives », prévoit-il.

Les Européens vont devoir travailler plus longtemps, aussi bien en terme d’horaires que de carrière…et ils seront moins rémunérés. L‘effet direct sur les vacances se traduira par un budget plus étriqué et de moins en moins de temps pour partir.

Prestations : les pros du tourisme n’auront pas le droit à la moindre erreur
La pression en sera d’autant plus forte sur les professionnels du tourisme qui n’auront pas le droit à la moindre erreur sur les prestations fournies…

D’autres éléments viendront s’ajouter au scénario : le réchauffement de la planète, la démographie, la globalisation.

Christian Böllhoff du cabinet Prognos prévoit que l’Asie jouera le premier rôle économique dans les dix à vingt ans qui viennent. 50% de la croissance mondiale viendra de cette région. La consommation viendra donc d’Asie.

En Europe et en Amérique, les citoyens moins bien protégés par les organismes publiques de santé choisiront de faire des économies pour pouvoir se soigner plutôt que de partir en vacances…

Rohit Talwar prévoit que l’industrie devra s’adapter à ce scénario. Pour lui, les compagnies aériennes deviendront, à l’image des chaînes hôtelières, « assets light », des compagnies virtuelles qui loueront des avions et du personnel et ne prospéreront que sur la force de leurs marques. Elles chercheront également à récupérer une part des profits que réalisent les aéroports.

Hôtellerie : la chambre ne sera plus standard
Mais les développements de l’aérien se feront surtout en Asie. Aujourd’hui, les Etats-Unis, marché mature par excellence, offre trois sièges d’avion par citoyen américain tandis que ce ratio n’est encore que de 0,3 siège par citoyen chinois…

Quant aux groupes hôteliers, ils seront obligés de décliner une offre allant du 2 au 6 étoiles pour satisfaire toutes les demandes.

Le co-branding comme Armani Hotels sera également une opportunité de susciter des revenus supplémentaires. Autre source de revenus, le développement de services pour les hommes d’affaires comme la traduction..

Enfin, la chambre ne sera plus standard mais elle sera déstructurée un peu à l’image du billet d’avion. Elle comportera des éléments payables en supplément comme la location d’une télévision. Après tout quel client aura besoin du poste alors qu’il aura emmené son i-pad ?

Le réchauffement climatique va rendre le transport plus cher
Les grands groupes hôteliers travailleront également en marque blanche, mettant leur savoir-faire à la disposition de nouveaux hôteliers cherchant à développer leurs propres marques.

Enfin la classification des établissements va également connaître des bouleversements. D’ores et déjà en Grande-Bretagne, il a été décidé d’abandonner la classification par étoile pour avoir recours aux avis postés par les utilisateurs sur les réseaux sociaux…

Encore faudra-t-il pouvoir voyager pour se faire une opinion. Le réchauffement climatique va rendre le transport plus cher avec les différentes taxes carbone.

Pour l’instant, le scénario prévoit un capital carbone pour les entreprises mais rien ne pourrait empêcher d’attribuer un capital carbone à dépenser pour chaque individu.

Ce qui laisserait un bel avenir au rail mais pas vraiment aux destinations long courrier.

Heureusement que les prédictions des spécialistes du futur ne se réalisent que partiellement, voire rarement…

Source :
www.tourmag.com
Rédigé par Jean da LUZ le Jeudi 10 Mars 2011